Chronique

Ô Copains d’abord

Ô Copains d’abord, brasserie historique d’Annet‑sur‑Marne, a traversé plus de deux siècles d’évolutions (de la Maison de 1788 aux enseignes Devincke, Scribe, Bourrel, Raulic, Nemrod) pour aujourd’hui rester le cœur social du village en tant que tabac/PMU/bar‑brasserie.

Passé Mis à jour le 17 mai 2026
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Chronique
Histoire, Patrimoine & Culture
15 mai 2026

Repères éditoriaux

Publié par
Le Journal d'Annet
Date
15 mai 2026
Fraîcheur
Mis à jour le 17 mai 2026
Statut
Passé
Type
Chronique
Auteur
Patrice Lauret
Édition
Mai 2026

Résumé rapide

Ô Copains d’abord, brasserie historique d’Annet‑sur‑Marne, a traversé plus de deux siècles d’évolutions (de la Maison de 1788 aux enseignes Devincke, Scribe, Bourrel, Raulic, Nemrod) pour aujourd’hui rester le cœur social du village en tant que tabac/PMU/bar‑brasserie.

O Copains d'abord : l’âme du village d’Annet

Un lieu ancré dans la vie villageoise

Dans le centre d’Annet‑sur‑Marne, Ô Copains d’abord s’inscrit dans l’histoire des anciens cafés du village. D’après l’association “Histoire de Claye et ses environs”, la situation géographique (Marne, port, carrières, tourisme) explique qu’Annet ait longtemps compté de nombreux débits de boissons, avec une période faste de la fin du XIXᵉ siècle jusqu’après la Grande Guerre, puis un déclin progressif (crise des années 1920, fermeture des carrières en 1936, restrictions de l’Occupation, puis disparition de l’économie locale à partir des années 1970/1980).

D’un hôtel‑charcuterie à une brasserie : le fil d’une mémoire

ÉpoqueNom de l’établissementDétails clés
XVIIIᵉ siècle – 1880 : origineMaison de 1788Selon l’association “Histoire de Claye et ses environs”, on trouve la trace d’une des deux constructions en 1788, et la partie restaurant date du XIXᵉ siècle ; l’ensemble (réuni par des propriétaires précédents) comprend notamment une salle de bal au rez‑de‑chaussée (avec tréteaux pour orchestre), une salle pour noces/banquets à l’étage, et une salle avec deux billards et accessoires, ainsi que des chambres.
Fin XIXᵉ – 1912Hôtel‑charcuterie des DevinckeD’après l’association “Histoire de Claye et ses environs”, une scène située entre 1902 et 1912 montre « DEVINCKE charcuterie » sur le bandeau du magasin. Le couple Devincke exploite aussi, dans la boutique attenante, un hôtel‑restaurant et café (enseigne illisible) et est locataire de l’ensemble des immeubles.
1896Ajout de la charcuterieEn 1896, M. et Mme Barbier ajoutent au commerce d’hôtel‑restaurant‑café celui de charcutier.
1912 – années 1920Hôtel des VoyageursSelon l’association “Histoire de Claye et ses environs”, les Devincke cèdent leur fonds de commerce le 9 octobre 1912 à M. et Mme Scribe, qui exploitent encore conjointement hôtel et charcuterie. La même source précise ensuite que, dans la fin des années 1920, l’établissement change de nombreuses fois de propriétaires et que M. Jehan doit ré‑exploiter son fonds pour maintenir sa clientèle.
1935 – 1944Hôtel des VoyageursLe 5 novembre 1935, François Bourrel et son épouse reprennent l’hôtel‑restaurant‑café. La période de guerre est marquée par les restrictions et l’interdiction de réunions (donc, fin des bals et d’une partie de la vie sociale).
Octobre 1944 – 1950Auberge des SportsEn octobre 1944, M. et Mme Raulic reprennent : c’est la Libération. Les bals du samedi et du dimanche redeviennent très fréquentés ; un club de football se monte et “élit domicile” au café, qui prend alors le nom d’Auberge des Sports.
1951Auberge des SportsEn août 1951, certaines scènes de Casque d’Or (Jacques Becker) sont tournées à Annet, et que Simone Signoret est logée plusieurs jours à l’Auberge des Sports (anecdote du broc d’eau). Ces extérieurs à Annet‑sur‑Marne sont également mentionnés par des sources cinéma (IMDb / Wikipédia).
1ᵉʳ juillet 1956 – années 2000Le NemrodChangement d’enseigne le 1ᵉʳ juillet 1956 : Mme Raulic loue le café‑hôtel‑restaurant à M. et Mme Pelletier. Passionné de chasse, M. Pelletier rebaptise l’établissement Le Nemrod (référence au “grand chasseur” biblique).
Début XXIᵉ siècleÔ Copains d’abordL’association “Histoire de Claye et ses environs” décrit la situation actuelle : “place O Copains d’Abord”. Le tabac, le loto/PMU et les journaux sont dans l’ancienne grande salle où étaient les billards (du temps des Bourrel). La salle de café est devenue un bar‑brasserie (plats du jour).

Un lieu d’histoires et de rencontres

Le commerce a servi de décor à des moments marquants de la vie locale : l’association “Histoire de Claye et ses environs” cite notamment les scènes de fête (Saint‑Germain, conscrits, musique), les années de restrictions, puis la reprise très festive de l’après‑Libération.

Les transformations successives n’ont pas empêché l’établissement de jouer un rôle central. La Société d’Histoire de Claye indique qu’Annet a compté “une vingtaine de débits de boissons” à la période faste, et qu’il ne subsiste désormais qu’un unique café‑bar traditionnel.

Le rôle social actuel de Ô Copains d’abord

La vocation d’accueil de la maison se poursuit sous l’enseigne Ô Copains d’abord. La Communauté de communes présente l’établissement comme une brasserie proposant des plats issus de la gastronomie française, et indique aussi un numéro de téléphone (01 64 27 16 72) ainsi qu’une localisation “Ruelle de Montvetu”.

Le maintien de cette activité témoigne d’une vie sociale toujours présente malgré la disparition des autres cafés du village. Les habitants y retrouvent un espace où se mêlent discussions, informations et détente. L’enseigne actuelle met en avant l’esprit de camaraderie, en hommage aux liens tissés au fil des générations. Ainsi, Ô Copains d’abord continue d’incarner la sociabilité annétoise en conjuguant service et mémoire.

Conclusion : un héritage vivant

Le fil conducteur entre les différentes périodes du lieu et Ô Copains d’abord est la convivialité : un café‑restaurant qui a changé d’enseigne et d’usages, mais a gardé une fonction sociale centrale dans le village.

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Sources (liens)